mercredi 20 octobre 2010

Orange amer

Cette campagne de pub n’est pas nouvelle. Nous avions pu en profiter au début de l’année 2010 – mais à cette date, ce blog n’existait pas.

Comme moi, vous vous étiez sans doute demandé au début de l’année 2010 à qui ou à quoi renvoyaient ces personnages hauts en couleur semblant sortir tout droit d’une réunion du Modem. Quelle était la source de ces expressions de plaisir contenu et d’extase totale qui irradiaient ces visages lumineux ?

Tout de suite pourtant, on avait flairé l’embrouille : malgré la subtilité du message, ça ne pouvait pas concerner la parti centriste ; on ne pouvait pas imaginer François Bayrou en avatar raëlien donnant de sa personne pour convaincre les militants et les sympathisants qu’il était le seul apte à incarner un mélange de Jean Lecanuet, Charles de Gaulle et Rocco Siffredi.

Restait le sexe.
Bien sûr, je ne me berçais pas d’illusion : une campagne de pub aussi bien organisée (pour les différentes phases : http://archeologue.over-blog.com/article-publicite-et-humour-sexuel-aujourd-hui-je-l-ai-fait-proclament-les-affiches-d-ing-46798709.html) ne pouvait que se résumer à un enjeu tristement banal. Et pourtant, j’aurais tant aimé un message un tant soit peu subversif dans les couloirs du métro. Un qui aurait prêché l’amour libre, pour les roux et les rousses dans un premier temps, mais qui se serait ensuite adressé à toutes les catégories de la population française. Les rames du métro auraient conduit les usagers vers un septième ciel sans cesse renouvelé par la magie du hasard ; une désinhibition grandissante aurait peu à peu conduit au rapprochement inexorable des corps et, très vite, beauté et laideur, calvitie et appareil dentaire, chien de vigile et costume RATP n’auraient plus constitué de barrières insurmontables à la passion. En outre, une fois arrivés sur leur lieu de travail, ces voyageurs auraient tous été détendus et libérés, totalement capables d’exploser leurs objectifs hebdomadaires.

La déception fut à la hauteur de ces élucubrations : une banque. Ces visages rayonnant provenant d’individus qui avaient changé de banque ! Comment avait pu germer dans l’esprit des concepteurs de cette campagne la relation libido / secteur bancaire ? Certes, les allusions au sexe garantissent la plupart du temps un regain d’attention dans un auditoire ou sur les programmes TV de TF1. Cependant, cela avait fait écho à certaines des thèses de Bernard Stiegler, philosophe français, qui établit que le capitalisme de la fin du XXème siècle transforme la libido des individus en pulsions consommatrices (http://fr.kendincos.net/video-lffpflh-bernard-stiegler-consum-risme-csoj.html).



Dehors les rames érotiques, place aux conseillers bancaires sur Internet. Tout compte fait, j’aurais préféré Bayrou.


1 commentaire:

yann a dit…

D'accord avec toi juma ! Le coup du second degré pour faire passer un message médiocre ne marche plus, le comique de répétition a ses limites. Le message médiocre étant : l'argent ça nous excite et on assume. le capitalisme décomplexé.
Par contre je sais pas si j'aurais préféré Bayrou...